dimanche 17 février 2008

Michaël, Ta balance pèse

"Michaël,
Ta balance pèse,
Ton glaive tranche, Et ce qui était vivanttrouve la vie,
Ce qui était mort meurt."

Si tu dois trancher et que tu ne le peux pas,
Si tu dois peser et que tu ne l'oses pas, appelle ainsi :

"Michaël, donne de la Force !
Toi dont le pied écrase la tête du serpent,
La force froide, toi seul, tu peux la donner.
Ce que tu tranches est déjà mort".

(Entretien 76, Vendredi 29 septemebre 1944, Dialogues avec l'ange)

Pendant que vous dormez...


Oh, pas tous, certains d'entre vous veillent et combattent, heureusement... Mais à l'heure où la plupart des portes, des volets et des paupières se ferment, nous, nous sortons. Parfois en maugréant, parfois en chantonnant, cela dépend des époques et de notre humeur.
Merlin se dit qu'on ne l'y prendra plus, que cette fois-ci, c'est la dernière. Non mais, ces zunis, pour qui se prennent-ils ? Il a raison bien sûr, mais avons-nous le choix ? Sur la Terre comme au Ciel. C'est cela qui doit être réalisé, avec l'aide et les moyens de chacun. Et plus la vue porte loin, plus l'aide exigée est grande. Cela est juste, mais fatiguant, c'est vrai. Allez Merlin, on y est à nouveau, et jusqu'au cou ! Cette fois-ci, ils ont même réussi à faire fondre les glaciers !

L'un de nos refuges

Dans cette maison du Nord, prise par la neige et le gel, Merlin du Nord y compose, y confiture et y écrit. Lorsque je lui rends visite, des éclats de rire s'échappent par les fenêtre, mêlés à des rubans de parfum suave : poire, prune, pommes, rhubarbe ou cerise noire... Les confitures cuisent à petit feu, les légendes prennent vie, et enfin ce monde d'illusions redevient ce qu'il est : un misérable écran de fumée toxique, dissipé par nos mots, nos rires et... ses notes de musique !

Bienfaisante Violette

La recette de Ferdinand me donne l'occasion de vous parler de la merveilleuse et bienfaisante violette. La Viola Odorata, même séchée exhale un parfum intense et suave, mais ce n'est pas là sa seule vertu. Elle est émolliente, laxative, diurétique, décongestionnante et expectorante. Ses racines, feuilles et fleurs sont à récolter en pleine floraison (de février à mai) et à faire sécher à l'ombre, mais en plein air.
Quand mon compagnon, le Sorcier Maximilien, a les bronches prises, je lui fais aussitôt la décoction suivante :
Faire bouillir 5 g de racine de Violette dans 300ml d'eau de source jusqu'à réduction des deux tiers, sucrer avec un peu de miel de sapin et boire aussitôt.

La recette secrète de Ferdinand l'Ecureuil


250g de bon chocolat praliné
125 g de bon chocolat noir amer
13 violettes cristallisées broyées
3Dl de crème liquide
25 g de beurre

Cassez les deux chocolats en morceaux et faites-les fondre dans une casserole (à feu doux) avec la crème.
Laissez fondre doucement, ajoutez les violettes sacrifiées, puis fouettez longuement le mélange pour obtenir une mousse délicieusement aérienne.
Mettez au froid la préparation.
Juste avant de la servir à vos invités, impatients et conquis d'avance, fouettez-la vigoureusement à nouveau puis déposez en son centre une violette entière (cristallisée).
La dégustation peut commencer...

Merlin du Nord

Il est temps de vous parler de mon ami Merlin du Nord, un puissant sorcier, musicien, jardinier, gourmet et gourmand. Ensemble, nous avons traversé les terres brûlées, les torrents glacés, les vastes plaines désolées, ensemble nous avons trouvé refuge dans des grottes moussues, dans des tronc d'arbres vermoulus... Tant de fois nous avons dû plier bagages alors que le tonnerre grondait et que les Dormeurs ronflaient, insouciants et repus. Nous nous offrons des livres, des confitures, des confiseries et les meilleurs de nos sortilèges. Parfois nous grondons de colère puis nous éclatons de rire, rien de cette dimension ne laisse vraiment de traces en nous... Nous avons toujours été des Voyageurs, nous le resterons, poches percées, portés par nos rêves, riches de tout ce que les galaxies nous offrent la nuit... Pour toi mon ami Merlin, cette recette...

vendredi 15 février 2008

Crocus du matin


Le matin, quand l'herbe blanchie par le gel crisse et craque, je pars sur les chemins avec mon chien. Mille fois le même sentier, mille lumières différentes, mille odeurs différentes, mille couleurs différentes. Je me souviens l'avoir parcouru avec une amie qui ne voyait ni les contours lavande des montagnes, ni les plis sombres et veloutés du vallon, elle ne voyait que le paysage qu'elle avait transporté avec elle : son travail. J'en étais agacée et triste pour elle. Ne pas voir vraiment, ne pas entendre vraiment, ne pas sentir vraiment, ne pas goûter vraiment, ne pas toucher vraiment... Est-ce vraiment vivre ? Je ne le crois pas. Pourtant, c'est là toute notre tâche, vivre chaque instant en conscience. Cela demande la présence effective de tout notre être, pas un semblant de présence, non, la réalité pleine et entière de notre présence au monde. Comme ce crocus, ce matin, si intense dans sa présence à la lumière et à la terre, il ne durera pourtant qu'une poignée de jours. Mais qu'importe, il est là, vraiment là, magnifique et parfait. Ce matin, il m'a servi de Maître de vie.