dimanche 2 mars 2008

Sensei Dôgen


Dans son"Shôbôgenzô", Dôgen, écrit à propos de l'eau qui coule :

"En examinant soigneusement la question, il semble qu'il existe toutes sortes d'eaux pour les divers êtres, mais qu'il n'existe pas une eau originelle qui serait commune à tous les êtres divers. Mais les diverses eaux qui correspondent la diversité des êtres ne dépendent ni de l'esprit ni du corps, elles ne résultent pas des actions, ne relèvent pas non plus de la distinction du soi et de l'autre. La liberté de l'eau ne dépend que de l'eau."

Cueilli pour vous dans l'excellent livre de Jacques Brosse "Maître Dôgen. Moine zen, philosophe et poète" (Albin Michel) :

"Dôgen relate l'histoire de l'Eveil de l'un de ses maîtres préférés, Hsuansha et il ajoute : "Après qu'il eut atteint l'Eveil, son enseignement se résumait en ces termes : "L'univers entier est une perle brillante" (Jin jippô ikkamyôju). Ce que Dôgen commente en ces termes : "L'univers entier, c'est l'accord continuel du soi avec les phénomènes (Dharma) et des phénomènes avec le soi(Jiko)". Jacques Brosse précise : "Le Jiko dont il est ici question est la personnalité de celui qui a compris qu'il n'était pas séparé de l'univers, mais identique à lui."

samedi 1 mars 2008

Vous avez dit paranormal ?



Il n'y a pas que les Anglo saxons pour enquêter et raconter à la fois... En France, Erik Pigani et Patrice Van Eersel conjuguent ces deux talents à la perfection. "Psi", de E. Pigani, une enquête scientifique qui se lit comme un polar, préfacée par Raymond Moody (Life after Death), ouvre des champs (cosmiques) de réflexion, salutaire en ces temps de pensées molles et unidimensionnelles...

Frijof Capra & Rupert Sheldrake & Merlin du Nord...



Je ne trahirai aucun secret en vous disant que mon ami Merlin du Nord, refaisait il y a une vingtaine d'années, l'univers tout entier avec des gens aussi prestigieux et pionniers que Fritjof Capra, Rupert Sheldrake, Erik Pigani, Gitta Mallasz, Raymond Moody, Stanislas Grof, Pribram, Charon etc... J'en oublie en route...

More about Schrödinger



Né à Vienne le 12 août 1887, mort le 4 janvier 1961, Erwin Schrödinger, physicien autrichien, a imaginé l'équation de la fonction d'onde associé à l'état d'une particule. Cette équation tient compte de la quantification et de l'énergie non relativiste. C'est ainsi qu'il a permis le développement théorique de la mécanique quantique.
A lire : "Physique quantique et représentation du monde", E. Schrödinger Collection Points-Sciences, le Seuil, 1992

Le chat de Schrödinger


Une petite pause de vulgate scientifique. Pour comprendre l'extrait de "La fin des mystères", un petit rappel "quantique".
L'expérience appelée "Le chat de Schrödinger" a été imaginée en 1935, par le physicien Erwin Schrödinger (inventeur de la "fonction d'onde") pour mettre en exergue les lacunes de ce que l'on appelle "L'interprétation de Copenhague". L'école de Copenhague tient en effet la mécanique quantique pour un simple système de prédiction.
Voici l'expérience :
Le physicien a imaginé le dispositif suivant : un chat enfermé dans une boite close comprenant un mécanisme qui tue l'animal dès qu'il détecte ma désintégration d'un atome d'un corps radioactif. Les probabilités indiquent qu'une désintégration a une chance sur deux d'avoir lieu au bout d'une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l'observation n'est pas faite, l'atome est simultanément dans deux états : l'état mort et l'état vivant ! Jusqu'à ce que l'ouverture de la boite décide le choix entre les deux états. Pas facile à comprendre du premier coup, mais les perspectives qui en découlent valent la peine qu'on se donne un peu de mal, non ?

Infinies Galaxies



Ici et ailleurs en même temps, ou bien ici et dans un éternel présent, en quelque sorte, cela revient au même. En appliquant la physique quantique à la spiritualité, nous pourrions dire que la fin et le début sont des fictions, des interprétations, de même que le concept de "séparation", émotionnelle ou temporelle. Et quand touchons-nous du doigt cette réalité ? Quand notre conscience et notre corps vivent en unité dans l'Ici et le Maintenant. Quand ils ne font qu'Un dans cette éternité spatio-temporelle.
Ancrés dans ce moment, pleinement conscients, pleinement unifiés, nous sommes éternellement vivants. Dans tous les actes de notre vie, surtout les plus humbles, les plus "réflexes", ils exigent notre présence totale. Les moines et moniales de toutes les traditions apportent le plus grand soin à s'investir dans chaque geste quotidienne : manger, boire, se laver, faire du feu, balayer, ils y mettent la même conscience que pour prier ou méditer. Ce n'est pas parce qu'ils s'ennuient ou qu'ils veulent se mortifier, c'est parce qu'ils vivent de manière active et consciente le principe de non-séparation. Principe dans lequel se dissolvent les contraires artificiels : vie-mort, début-fin, immobilité-mobilité, corps-esprit, matériel-spirituel...
Nous ne pouvons pas tous être des génies de la physique quantique, mais nous pouvons tous expérimenter l'éternité, chaque jour. En faisant chaque chose avec conscience.

La Fin des Mystères, par Scarlett Thomas


"La fin des mystères", de Scarlett Thomas, publié chez Anne Carrière. "The end of Mr. Y ", en anglais. Pour l'instant pas un mot en France. Et pourtant, ce livre est loué de manière plus qu'enthousiaste par The Independant, Jonathan Coe, le New York Times et Philipp Pulman.
Je suis en train de le lire et à chaque page, je me dis : "Enfin !" Enfin, un roman qui ouvre les fenêtre de la fiction sur une autre dimension que celle de la psychologie, de l'autofiction, de la science fiction et de ce que l'on appelle de bien curieuse manière la Fantaisy.
Lisez attentivement, mes amis, cet extrait d'une discussion qui rassemble trois trentenaires, prof de fac. C'est Ariel Manto, le personnage principal, qui parle :
"Eh bien, si on imagine la particule primordiale : celle qui a fait "bang" il y a quatorze milliards d'années, cette particule devrait être semblable à n'importe quelle autre particule. Elle aurait sa fonction d'onde - une série de probabilités quant à l'endroit où elle se trouvait et ce qu'elle y faisait. Or ce que nous savons de la physique quantique suggère qu'à moins qu'un observateur extérieur ne se soit manifesté et n'ait observé l'état exact de la particule, sa fonction d'onde ne se serait pas effondrée. Autrement dit, elle existerait avec toutes ses situations simultanées. Elle serait à la fois rapide et lente, se mouvant à gauche et à droite, ici et là. Cet observateur extérieur de l'univers ne peut être que Dieu. C'est peut-être Dieu, par conséquent, qui a disloqué la fonction d'onde ayant donné naissance à l'univers. Autrement dit, c'est Dieu qui a fait exploser la particule originelle pour en faire un univers dans lequel nous vivons aujourd'hui. C'est l'interprétation de Copenhague appliquée à la particule originelle. Si l'on rejette ça, il ne reste que l'interprétation des mondes multiples, qui sous-tend qu'il n'y a ni observateur extérieur ni effondrement. Au lieu de quoi, tous les possibles cohabitent "autour" - chaque univers imaginable existe aux côtés de celui-ci : certains où il fait très chaud, d'autres un froid glacial, certains peuplés, d'autres pas, certains engendrant leurs propres "bébés univers" et d'autres non..."

Vous comprenez aussi bien que moi, les implications de ce raisonnement : dans les deux cas qu'il y ait un observateur présent- appelé Dieu ou le Grand Architecte ou le Grand Esprit, peu importe son nom - ou pas d'observateur du tout, nous vivons forcément dans une réalité qui n'est pas celle à laquelle la majorité adhère. Dans les deux cas, la réalité de notre existence est une réalité proche de celle habituellement décrite ou envisagée, non pas dans les livres de sciences classiques, mais bien dans ceux de SF ! Il était temps qu'un roman nous fasse réfléchir sur d'autres sujets que nos états d'âmes, nos guerres et nos paix et dilate les mots, le temps et l'énergie pour en faire des passerelles entre les mondes de notre esprit et ceux de l'univers (ou du multivers !). A lire d'urgence !